N°227 Mars Avril 2021

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227 cedric seureau 3Le budget à l'échelle du mandat

Voté en conseil municipal le 26 mars, le premier budget de la mandature est une étape importante. Plus que le budget de l’année 2021, c’est celui des 6 ans du mandat qui a été réfléchi et débattu.
Plusieurs raisons ont conduit l’équipe municipale à faire le choix d’augmenter la fiscalité.
Voici quelques éléments d’analyse avec Cédric Seureau, adjoint chargé des finances de la ville.


Le budget de fonctionnement a été voté à 25 millions d'euros pour 2021.
Les services seront-ils bien maintenus ?

Il n’a jamais été question de supprimer des services. Mais même en limitant au maximum les dépenses de personnel et les frais de fonctionnement, ce budget devient très serré.
Les économies que l’on a pu faire pendant quelques années en réduisant les dépenses ont été mises à mal par la crise sanitaire. Les recettes qui n’augmentent pas font  qu’aujourd’hui, on a besoin de retrouver un peu d’air sur le budget de fonctionnement, celui de 2021 comme celui du mandat.

Comment avez-vous chiffré les investissements du mandat ?
Une étude prospective sur les 6 ans du mandat qui débute nous a permis une vision à moyen terme. Nous avons souhaité mettre en oeuvre le même budget d’investissement qu’au mandat précédent, notamment pour continuer à soutenir l’économie locale et le bassin d’emploi, qui ont besoin des contrats de la ville. Si on réduit les investissements, on agit indirectement sur l’économie locale en négatif. Nous avons donc listé tous les projets en cours et ajouté ceux que l’on souhaitait mettre en oeuvre : le montant total dépassait les 37 millions d’euros, montant global des investissements du mandat précédent. Il a fallu faire des arbitrages et laisser de côté certains projets pour plus tard afin de revenir à 37 millions d’euros.

Ces investissements pourront-ils être financés sereinement ?
Si on maintient ces 37 millions d’euros d’investissement et notre budget de fonctionnement tels quels, la capacité d’autofinancement nette de la ville deviendra négative dans les 2 ans à venir, ce qui est illégal pour une collectivité. Par ailleurs, avec un autofinancement trop faible et une dette trop importante, les banques seront plus frileuses pour le recours à l’emprunt. Sur les 6 ans du mandat, augmenter nos recettes devient donc une obligation, et pour cela la ville ne peut activer que le levier de la taxe foncière, la taxe d’habitation n’étant plus une de ses recettes.

D’où la décision d’augmenter la fiscalité…
Oui. Le conseil municipal a voté une augmentation de 5 % de la taxe foncière. À l’échelle du mandat, cela assurera le financement du programme d’investissement et redonnera une marge de manoeuvre au budget de fonctionnement. Il ne faut pas oublier que l’impôt a aussi un rôle social : il sert d’une part à irriguer les services de la ville, dédiés à la population, et d’autre part, en permettant un bon niveau d’investissement, à irriguer l’économie locale.

Comment va se traduire cette augmentation de la taxe foncière ?
La taxe foncière est due par les propriétaires (hors bailleurs sociaux des quartiers prioritaires). Sur Lannion, elle concerne 8 162 contribuables. Avec une augmentation de 5 %, on atteint une valeur médiane de 36 €/an/foyer fiscal (c’est à dire que 50 % des foyers paieront moins de 36 € et 50 % paieront plus de 36 €). Au total, cela engendrera une recette de 600 000 € par an pour la Ville, ce qui nous permettra de garder un endettement par habitant raisonnable tout au long du mandat.

Que dire du programme d’investissement, avec des travaux tous azimuts dès le début du mandat ?
Le programme d’investissement n’est pas déraisonnable. Il faut savoir que nos principaux investissements sont conditionnés à des engagements avec l’État, la Région, etc. Aujourd’hui, nous engageons les travaux de programmes contractualisés il y a déjà 2 ou 3 ans. Nous ne pouvons pas les différer. En plus, ces investissements sont sur-financés par le plan de relance de l’État, ce qui fait qu’ils coûtent encore moins cher à la ville. Désormais, la plupart des aides sont versées pour l’investissement, ce qui nous oblige à avoir suffisamment de fonds propres pour investir et contribue à la décision que l’on a dû prendre
vis-à-vis de la fiscalité.

 


227 ecole lannionDes investissements partout dans la ville

Le programme de réhabilitation du centre-ville est devenu nécessaire et indispensable : faire revenir des habitants au centre-ville, c’est conforter les commerces, rendre le centre attractif et par conséquent toute la ville. Les investissements au centre-ville profitent à tous : où qu’ils habitent dans la ville, les Lannionnais s’y rendent, ainsi que les Trégorois.
Pour autant, les investissements n’y sont pas cantonnés. Sur 37 millions d’investissements à l’échelle du mandat, 17 millions sont consacrés aux investissements dits récurrents ou d’entretien, et ce partout dans la ville :

  • le programme de voirie ;
  • les écoles : elles datent toutes de la même époque, sont difficiles à rénover mais nécessitent un entretien régulier. Le projet d’une nouvelle école de quartier est à l’étude, en fonction de la prospective d’occupation des écoles ;
  • la rénovation des bâtiments de la ville, pour répondre à l’obligation de gain énergétique ;
  • la rénovation du réseau d’eaux pluviales, confiée à LTC ;
  • des nouveaux locaux pour l’Imagerie ;
  • le budget participatif : sur 6 ans, ce sont 700 000 € qui seront investis pour des projets partout dans la ville ;
  • l’aménagement du quartier de la gare en 2023 ;
  • la requalification urbaine aux Fontaines et à Saint-Roch ;
  • le schéma cyclable sur toute la ville...

 

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