Dossier

bandeau mauve dossier

Le Quai des Possibles #3

Cet été encore, les quais s’habillent de couleurs : flâner entre les plantations à dominante bleue, se poser face au Léguer, rejoindre à pied l’autre bout du centre-ville par une promenade agréable, le nouveau Quai des Possibles remplit ses objectifs. Si l’installation de cette proposition éphémère a connu retards et ajustements dûs à la crise sanitaire, elle n’a pasà rougir face aux premières éditions !

quai possibles lannion 2020 02Un aménagement repensé jusqu'au dernier moment

"On s’est posé la question : est-ce qu’on maintient cette édition du Quai des Possibles ou pas ? », avoue Catherine Carcenac, responsable du service Jardins-Environnement-Propreté, qui a pris ses fonctions au 4 mai, en plein confinement. « Certes il y a la promenade, mais aussi tout ce qu’il y a autour : l’animation, les jeux, le volet sportif...Autant de composantes compromises avec la crise sanitaire. »

Pour Sandrine Thonnellier, son adjointe, « la priorité était de maintenir la production florale. Nous avions commencé les repiquages des plants de la promenade végétale début mars.Nous avons fait le pari de les sauver. Pendant le confinement, ils ont été bichonnés sous les serres du Roudour. » Alors il a fallu ajuster les plans, supprimer les jeux qui amènent à manipuler des objets, remplacer les bancs par des tabourets, espacer les fauteuils... « Mais aussi garder quelques espaces conviviaux pour les familles qui de toute façon se côtoient à la maison », ajoute Catherine Carcenac.

Ainsi, le Quai des Possibles #3 se recentre sur l’essentiel : une promenade agréable, végétalisée, qui relie les ponts de Viarmes et Sainte-Anne, matérialisant une liaison douce entre le chemin de halage et l’aval du Léguer. Sans oublier l’Annexe de la Base Sports Nature, qui propose une chouette nouveauté avec le pump track, une piste pour vélos, rollers, skates et trottinettes...

quai possibles lannion 2020 03La belle synergie des services techniques

Initialement prévu pour fin mai, l’aménagement a été posé du 15 au 18 juin. « Les plantes auraient été prêtes pour fin mai, mais le confinement a mis à mal la préparation des autres éléments de la balade : catamarans, balises à
repeindre, assises... La très grande majorité des éléments de cette 3e édition sont repris des aménagements précédents, parfois retravaillés dans les ateliers », explique Sandrine Thonnellier. Pas question, en effet, de réaliser de nouvelles structures après le confinement, sachant qu’il y avait aussi le travail courant à accomplir. En mai, les fleurs ont été plantées dans les bacs, qu’il n’y avait plus qu’à poser sur les quais mi-juin. « On arrive plus tard dans la saison, il fallait que le fleurissement soit déjà épanoui. » C’est Romuald Le Chevillier, chauffeur de tractopelle, qui a eu quelques sueurs froides au moment de charger et décharger les bacs : plus lourds, plus fragiles avec les plantes, l’opération a demandé technicité et délicatesse ! « Vu que la grande majorité des éléments ont été préparés en atelier, le montage sur place a été rapide », explique Yoann Quivoron, de l’équipe de menuiserie.

« Tous les métiers des services techniques ont mis la main à la pâte : les jardiniers, les producteurs de fleurs, les menuisiers, les peintres, les électriciens, les ferronniers, les conducteurs d’engins, les agents de la voirie, de l’atelier de sérigraphie, ceux qui ont pensé le projet...

Le Quai des Possibles, c’est l’occasion de créer une belle synergie entre toute l’équipe des services techniques ! », se réjouit Catherine Carcenac.

quai possibles lannion 2020 04Une étude globale pour l'aménagement définitif des quais

"La Ville a sollicité une agence de paysage pour travailler sur une propositiona pérenne sur les quais tout en tenant compte des autres projets encours à Lannion : allée verte, pont aval, Nod Huel, passerelle piétonne,écoquartier des Hauts de Penn ar Stang... », explique Elisa Suard, chargée demission Lannion 2030. Phytolab, agence nantaise pluri-disciplinaire (paysagistes,urbanistes, écologues, architectes, etc), s’est entourée de 7 autres structures spécialisées: INterland, architectes-urbanistes, StudioVicarini, concepteur lumières,Biotope pour les questions de biodiversité, Artelia, bureau d’études techniques,BOC, programmiste, Sennse pour la concertation et Ville en Oeuvre pour le montage opérationnel.« Notre travail a débuté par une phase d’exploration dès janvier. Jusqu’en mars,nous avons pris connaissance des lieux et des acteurs pour mener un diagnostic.Nous avons parcouru le périmètre élargi de l’étude, les rives du Léguer de la Base Sports Nature jusqu’à son estuaire, à pied et à vélo.

Une quinzaine de réunions nous ont permis d’appréhender les multiples regards sur cet espace :commerçants, historiens, conseils de quartiers, services du département, marché, port, police...

Ces acteurs apportent une expertise d’usage indispensable à notre étude », explique Clément Ravet, architecte-paysagiste, directeur du projet chezPhytolab.
Pour lui, « le rapport au Léguer donne le ton de la commande et le fil conducteur de notre approche basée sur le paysage ». Cette phase de diagnostic s’est poursuivie pendant le confinement, période mise à profit pour rassembler,compiler et ordonner toute la matière accumulée pendant deux mois.Début juin, un plan-guide a pu être élaboré : « C’est une carte qui synthétise les enjeux et actions potentielles en termes de paysage, de continuités douces, d’usages... Ce document est voué à évoluer et permet de faire des propositions liées au contexte global de la ville, et non simplement parachutées là sans réfléchir à ce qui se passe juste autour », explique Maud Laroussinie, paysagiste chez Phytolab. Clément Ravetpoursuit : « Au cours des rencontres avec les habitants, on a ressenti une véritable attente de concrétisation de toutes les études et propositions éphémères déjà réalisées. » Perturbé à cause de la crise sanitaire, le calendrier de l’étude a été ajusté :des ateliers de concertation à distance avec les acteurs du centre-ville ont eu lieu en juin. Ils seront déclinés en septembre pour le grand public. à l’automne, des esquisses d’aménagement des rives du Léguer seront présentées avant de définir un projet consolidé et sa programmation dans le temps en début d’année 2021.