Près de chez vous

bandeau bouteille

Nod Huel : vers un renouvellement urbain

Quand le Léguer circulait librement, avant qu’il ne soit endigué, son lit s’étalait dans le jardin de Sainte-Anne et sur la zone de Nod Huel. C’est pour faciliter la navigation et le déchargement des marchandises que le Léguer sera canalisé au début du XIXe siècle, coupant le large méandre sur la rive gauche pour filer en ligne droite vers l’estuaire. Devenu marécageux, l’ancien lit de Nod Huel est peu à peu drainé et remblayé. Sainte-Anne voit son enclos s’agrandir, une route perpendiculaire au Léguer longe le jardin jusqu’au Manoir de la Haute-Rive. La ville s’étant historiquement développée sur la rive droite du Léguer, Nod Huel est devenu le lieu où s’installaient les activités dont on ne voulait pas en ville. Une usine à gaz s’y implante en 1936, en parallèle du développement de l’électricité dans la ville. De 1940 à 1960 environ, la décharge municipale apporte de nouvelles pollutions sur une autre partie de Nod Huel. En 1965, l’anse de Viarmes est comblée au profit d’un parking, signant la fin de l’activité portuaire de Lannion. Le pont de Viarmes est construit en 1970, prolongé sur la rive gauche par une voie de circulation plus large : le boulevard Mendès France. Dans la seconde moitié du XXe siècle, des activités s’installent à Nod Huel : une scierie, les services techniques de la ville, des activités industrielles et commerciales.
Depuis toujours se pose la question du devenir de Nod Huel : sans projet global pour ce quartier, il s’est développé de façon un peu anarchique au fil des ans. Depuis 1990, plusieurs études ont envisagé l’installation d’un port, d’un collège, d’un nouveau pont... La problématique majeure, véritable frein pour certains projets, reste la pollution du site : la décharge et l’usine à gaz, notamment, ont laissé des traces durables dans le sol. Et peu à peu, les réglementations évoluent : il faut maintenant prendre en compte les risques de submersion marine, qui s’accroissent avec le changement climatique. Le schéma de référence Lannion 2030 prévoit des enjeux
forts pour Nod Huel : entrée de ville par Ploulec’h, le quartier pourrait bénéficier d’un nouvel aménagement paysager. Il est aussi pressenti comme un espace pour l’élargissement du centre-ville, avec des liaisons douces et du stationnement, tout en renforçant le caractère fluvial de la zone. Depuis début 2020, un groupement de bureaux d’études (sous la houlette de Thierry Roty ARCAM) planche sur le devenir du secteur, qui compte le parc Sainte-Anne, la caserne des pompiers et la zone industrielle : « Cette fois, l’objectif n’est pas d’y implanter un projet défini mais de partir des contraintes du site pour identifier ce qui est envisageable pour Nod Huel », explique Mathilde Guihard, chargée de projet aménagement à la ville. A l’automne, les premiers scénarios se dessineront et donneront lieu à une concertation avec les Lannionnais.