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221 dossier 01Rénovez, vous êtes aidés !

vec le constat d’un trop grand nombre de logements vacants ou dégradés en centre-ville, Lannion et Lannion-Trégor Communauté ont lancé en 2020 une vaste opération pour inciter les propriétaires à rénover.
Cela dans le but, toujours, de redynamiser le centre-ville en y augmentant le nombre d’habitants.


Rénover en centre-ville, c’est le bon moment !

En janvier 2020, la Ville et LTC se sont engagées dans une Opération Programmée d'Amélioration de l'Habitat – Renouvellement Urbain (OPAH-RU).

L'objectif : inciter les propriétaires à rénover leurs logements en centre-ville, via des aides financières. « Ce dispositif, mené aussi à Tréguier, s'inscrit pleinement dans le Programme Local de l'Habitat de LTC. Cette feuille de route de l'habitat pointe notamment le bâti ancien, dont la réhabilitation est une priorité pour faire revenir des habitants en centre-ville », explique Rozenn Alloiteau, directrice du service Habitat à LTC. à Lannion, l'étude préalable à l'OPAH-RU (en 2018) avait identifié 586 logements vacants au centre-ville et 228 immeubles dégradés. « L'OPAH-RU est un outil pour atteindre les objectifs fixés dans le schéma Lannion 2030 : passer de 2 000 à 4 000 habitants au centre-ville », rappelle le maire, Paul Le Bihan.
Lancée pour 5 ans (jusqu'en 2024), l'OPAH-RU mobilise des subventions de la Ville, de LTC, de l'ANAH (Agence Nationale de l'Habitat), d'Action Logement et de l'état (Ma Prime Renov') pour des travaux de rénovation énergétique, d'adaptation au handicap ou au vieillissement, ou encore pour des travaux lourds dans un immeuble entier par exemple. Pour cela, les propriétaires bénéficient d'un accompagnement personnalisé par le cabinet Urbanis, qui évalue les travaux lors d’une visite sur place et propose plusieurs scénarios avec le montage financier. « Sur Lannion et Tréguier, nous avons reçu 158 demandes de renseignements. Les projets n’aboutissent pas tous, mais nous avons réalisé 103 visites d’immeubles pour travaux ou ravalement de façade », note Laurent Trouillet, d'Urbanis. Le cabinet conseille et accompagne les propriétaires dans leur projet de rénovation, ces derniers restant toujours pilotes de leur projet. « Les subventions sont attribuées pour les travaux qui permettent un gain énergétique de 35 %
minimum. Si l’état du logement est très dégradé (selon une grille d’évaluation), les travaux sont aussi subventionnés », complète Julia Jacolot, d’Urbanis.


Les partenaires ont signé la convention avec Action Logement le 4 février dernier.Action Logement : 4,7 millions d'euros pour 15 opérations en centre-ville

Action Logement est un partenaire de poids pour la revitalisation du centre-ville. Le 4 février, par la signature d'une convention avec la Ville et Lannion-Trégor Communauté, l'organisme engageait 4,7 millions d'euros pour la restructuration de 15 immeubles anciens du centre-ville en logements (6 appartiennent à la Ville, 9 à des propriétaires privés).
« Ces 15 opérations identifiées vont proposer une diversité de logements : rénovation, neuf, logement social, privé, ou en accession à la propriété, toujours avec une exigence de qualité et de mise en valeur patrimoniale », liste Catherine Tanvet, vice-présidente du comité régional Action Logement Bretagne.
Des logements vacants seront ainsi remis sur le marché. Sur ces 4,7 millions d'euros, 2,5 sont fléchés vers l'éco-quartier des Hauts de Penn ar Stank, projet emblématique de la Ville qui honorera ces différents types de logements. Toutes ces opérations devront être engagées avant décembre 2022. Propriétaires et opérateurs (privés ou publics) pourront en outre bénéficier de prêts et de subventions de la part d'Action Logement, en contrepartie de quoi les logements seront loués aux salariés d'entreprises pour accompagner la dynamique économique à Lannion. « Ces réhabilitations donneront aussi de la vigueur au secteur du bâtiment dans le Trégor », se réjouit Joël Le Jeune, président de LTC.


Du rez-de-chaussée aux combles, toute la maison a été rénovée.Un accompagnement très apprécié

Les nouveaux propriétaires ont eu un coup de coeur pour cette maison de ville sur 3 niveaux avec un jardinet : au total, 150m2 à rénover. « Nous nous étions rapprochés du Point Info Habitat pour trouver une maison ou un terrain. Nous avons acheté il y a un an. Les travaux se terminent, nous emménageons fin mars », dit la propriétaire.
S'ils bénéficiaient d'un apport financier pour l'achat, les travaux de rénovation se chiffraient à 150 000 € : isolation thermique, deux fenêtres à changer, plomberie, électricité, chaudière, etc...
Orientés vers Urbanis, les propriétaires ont apprécié le soutien et le rôle de facilitateur du cabinet : « Un architecte est venu évaluer les travaux pour repérer lesquels seraient subventionnables.
Urbanis nous a conseillé, il y a certaines subventions auxquelles nous n'aurions pas pensé ! Nous avions aussi la garantie d'un accompagnement administratif pour rendre des dossiers complets... »
Au départ, le couple n'avait pas prévu de rénover le troisième niveau. Mais l’isolation des combles, et donc la rénovation de cet étage, apportait un gain énergétique supplémentaire faisant augmenter le montant des subventions. « Parfois, aller un peu plus loin dans les travaux permet de débloquer de nouvelles subventions. Là, on atteignait 72 % de gain énergétique. Au final, avec les subventions supplémentaires, le reste à charge peut rester équivalent à celui d’un chantier de moindre envergure », souligne Julia Jacolot.

Un conseil pour conclure : « Veiller à demander des devis à des entreprises certifiées RGE (Reconnu Garant de l’Environnement), c'est indispensable pour obtenir les subventions. »


Une délibération spécifique pour 4 îlots prioritaires

Dans le périmètre de l’OPAH-RU, 4 îlots ont été pointés pour une réhabilitation prioritaire (autour de l'ancien bâtiment EDF le long des quais, une partie de la rue Jean Savidan, la droite de la rue des Chapeliers et un grand espace rue de Keriavily jusqu'à la rue Savidan). Sur ces immeubles, l’action de la Ville pourra devenir plus coercitive.
Fin mars, le conseil municipal a voté à l'unanimité une délibération pour déclarer l’utilité publique du projet de restauration immobilière. « Le but n’est pas d’exproprier à tout va, mais bien d’inciter les propriétaires à bouger. Plusieurs bâtiments sont vacants depuis longtemps, il est nécessaire d’enrayer leur dégradation », explique Paul Le Bihan.


Comment se lancer ?

Vous êtes propriétaire en centre-ville et avez un projet de rénovation ou de ravalement de façade ?
Envoyez un mail au Point Info Habitat qui étudiera votre demande.
Si vous êtes situé dans le périmètre de l’OPAH-RU, vous serez orienté vers le cabinet Urbanis, qui traitera avec vous les volets techniques et financiers du projet. Urbanis gère la boîte à outil des aides financières et du conseil aux propriétaires. Dans tous les cas, vous restez pilote de votre projet : vous devrez faire les demandes de devis, choisir les artisans, etc.

PIH, 7 bd Louis Guilloux à Lannion, sur rdv : 02 96 05 93 50
ou Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. (privilégier une première demande par mail si possible).

La visite de terrain, avec Dominique Lizerand, architecte du patrimoine, Julia Jacolot d'Urbanis, Catherine Bridet d'Epidora et les propriétaires de l'immeuble, permet de comprendre les enjeux des travaux préconisés au-delà du ravalement de la façade.Entretenir la façade, c'est entretenir le bâtiment

On ne peut pas dissocier la façade de l'état du bâtiment », annonce Laurent Trouillet, d'Urbanis.
C'est pourquoi pour chaque dossier de ravalement de façade, une visite est organisée avec une architecte du patrimoine, Dominique Lizerand, qui apporte son expertise. Au premier coup d'oeil sur cet immeuble du 6 rue Jean Savidan, elle détecte un problème de structure : « Les fissures sur les linteaux indiquent que la structure a bougé. Il faut avant tout comprendre d'où vient le problème, vérifier si ça évolue
encore ou si c'est stabilisé », dit-elle. L'enduit ciment est aussi délabré : « L'enduit, sur une structure en moellons comme ici, a un rôle de protection. Mais le ciment, c'est étanche et la pierre ne peut pas respirer. Il faudrait un enduit à la chaux. »  L'architecte remarque aussi les gouttières : les toitures très imbriquées à Lannion posent des problèmes d'écoulement et de raccordement des eaux pluviales.
La campagne de ravalement de façade a certes un objectif de propreté, mais il ne sert à rien de remettre un coup de peinture sur un enduit qui s'effrite ou refaire un enduit sur une structure qui bouge. « On préconise des travaux complets pour la conservation du bâtiment dans son ensemble et à long terme », note l'architecte. Conscient des coûts que cela induit, Urbanis propose plusieurs scénarios de travaux. Dans le cas de cet immeuble, détenu par 6 propriétaires, c'est le syndic de copropriété qui entre en jeu : « Nous ne pouvons pas ignorer les obligations et la législation. Nous ferons donc le chiffrage des travaux qui seront adoptés ou non selon le vote majoritaire des propriétaires », explique Catherine Bridet, gérante du cabinet de copropriété Epidora. « J'implique les propriétaires dès le début de la démarche, au moment de la visite, pour que chacun puisse comprendre les enjeux et exposer ses problématiques. Le financement des travaux, qui peuvent être importants, est une vraie préoccupation. » 

Après la visite de terrain, Urbanis fournit aux propriétaires une fiche de préconisations pour les travaux à engager, non chiffrés. Les propriétaires doivent solliciter les devis et sont ensuite accompagnés pour le montage financier. « Le panel de subventions est plus large que le simple ravalement de façade. Plus le projet de travaux est global, plus les subventions sont mobilisables », insiste Laurent Trouillet.
La campagne a été lancée en octobre. 78 immeubles du centre-ville sont concernés par le caractère obligatoire de la campagne. à ce jour, 22 fiches conseils ont été réalisées. Pendant la première phase incitative, d'une durée de 15 mois, le ravalement est subventionné à 50% du montant (25% Ville et 25% LTC). L'aide baissera à 30% pendant la phase d'injonction puis sera nulle si la Ville est amenée à faire réaliser les travaux aux frais du propriétaire.

Deux opérations complémentaires
Urbanis accompagne à la fois l'OPAH-RU et la campagne de ravalement : les visites de terrain lui permettent, le cas échéant, de ramener dans l'OPAH-RU des dossiers sollicités à l'origine pour la façade seule.


Les intentions d’aménagement laissent la place à un parc traversant l’éco-quartier.Hauts de Penn ar Stank : l’écoquartier se dessine

« Aménager ce quartier déjà urbanisé, en centre-ville, pour y faire des logements, est un vrai choix politique qui représente un investissement financier conséquent »
Françoise Le Men, adjointe aux politiques urbaines

Le déménagement du collège Le Goffic a laissé un vaste espace vacant à proximité immédiate du centre-ville.
Dès 2017, la Ville a lancé une étude pour évaluer la faisabilité d’un éco-quartier puis élaborer le projet de réhabilitation en concertation avec les habitants. Cette concertation, qui a pris la forme de 3 réunions et de contributions spontanées, a montré une adhésion globale au projet. Plusieurs interrogations ont été relevées : les accès et les flux de trafic au sein et autour du quartier, le devenir des bâtiments du collège, la vocation du site en éco-quartier, les caractéristiques du projet et sa maîtrise.

Des ajustements ont permis de répondre à certaines inquiétudes : révision des accès au site, réorientation des nouvelles constructions pour limiter les vis-à-vis, maintien d’un site ouvert afin que tous puissent profiter d’un parc avec des belvédères sur la ville… « Le projet reste à dominante immobilière, avec un objectif de densité. Il y est prévu différents types de logements (appartements, maisons individuelles groupées), différentes tailles de logements, pourquoi pas des bureaux ou des activités libérales, mais il n’est pas prévu d’y installer des commerces », précise Françoise Le Men, adjointe aux politiques urbaines. Le quartier est éco-quartier dans la mesure où il est situé en centre-ville, sur un site déjà urbanisé, orienté au sud. Plusieurs bâtiments seront réhabilités, la voiture y tiendra une place limitée, les espaces verts y auront leur place, la mixité sociale y sera favorisée… « La réhabilitationde plusieurs bâtiments témoignera de l’histoire du site. Leur architecture, de bonne qualité, permet souplesse d’usage et évolutivité. C’est un choix écologique, moins impactant qu’une démolition et reconstruction », souligne le cabinet TICA dans son diagnostic.
La Ville a validé le projet des architectes, qui est un projet global et cohérent sur l’ensemble du quartier. C’est pourquoi il n’y aura pas de vente de lots libres, ceci afin de conserver une unité d’aménagement. « Nous sommes en train de rédiger une consultation pour la concession d’aménagement pour le parc urbain et les logements, spécifiant nos exigences, afin de confier le site à un aménageur. Ce document contractuel nous permettra de conserver la maîtrise du projet », souligne Françoise Le Men.

Il faudra compter une dizaine d’années avant que le quartier soit complètement aménagé. Au printemps, l’appel à candidature pour la concession d’aménagement sera lancé, le permis de construire pour la première phase (3 bâtiments au sud du site) devant être déposé avant décembre 2022. La ville étudie la possibilité de proposer une occupation transitoire des bâtiments dans l’attente de leur réhabilitation, moyennant une prise en compte des charges de fonctionnement.

Habiter autrement
Depuis quelques mois, 12 familles commencent à construire ensemble un projet d’habitat participatif à Lannion : un endroit où l’on vit autrement, avec des habitations privatives et des espaces communs, qui
peuvent être un jardin, un local technique (laverie, chaudière...), une salle ouverte sur l’extérieur ou encore des activités ou des actions communes… Ce projet, qui reste ouvert à ceux qui souhaitent s’y investir, pourrait s’installer sur les Hauts de Penn ar Stank.
Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Sécurisation du site
L’échange foncier entre la Ville et le Département sera effectif au printemps et le site est désormais sous surveillance.
Il est interdit de pénétrer dans l’enceinte du site de l’ancien collège.